AGROKOR, le géant de l’agroalimentaire qui pourrait entraîner la Croatie dans sa chute

Agrokor, le géant de l’agroalimentaire croate est-il au bord de la faillite ? Le groupe compte 60 000 salariés dans les Balkans, dont 40 000 en Croatie, mais a accumulé une dette de plus de trois milliards d’euros. Et le gouvernement croate ne semble pas décidé à mettre la main à la poche pour sauver l’entreprise.

 

Agrokor, la plus grande entreprise privée croate, est en crise. Après s’être endetté auprès de banques russes, le géant de l’agroalimentaire a vu sa note abaissée par les agences Moody’s et S&P. La presse a révélé que le Premier ministre Andrej Plenković et plusieurs membres de son équipe avaient rencontré cette semaine les représentants d’Agrokor, dans l’espoir de trouver une sortie à cette crise rapidement devenue un drame national. Le gouvernement a fini par confirmer mardi l’existence de rendez-vous « secrets », tout en appelant au calme.

Le dossier est en effet très important pour Zagreb. Propriété de l’homme d’affaire Ivica Todorić, Agrokor compte 60 000 salariés dans les Balkans, dont 40 000 seulement en Croatie. À ces chiffres s’ajoutent 40 000 employés travaillant pour des entreprises liées aux activités du groupe. En tout, Agrokor, ses filiales et ses sous-traitants représentent plus de 16% du PIB national. Une éventuelle faillite de l’entreprise pourrait donc avoir des conséquences catastrophiques pour l’économie croate.

“En tout, Agrokor, ses filiales et ses sous-traitants représentent plus de 16% du PIB national.”

Ce qui préoccupe Zagreb, c’est principalement l’endettement d’Agrokor. En février, l’ambassadeur russe en Croatie a souligné qu’il espérait que le géant croate respecterait ses engagements avec les banques moscovites qui lui ont accordé des crédits. Ces dernières contrôleraient un tiers de la dette d’Agrokor, soit 1,3 milliard d’euros sur un total de 3,4 milliards.

Selon différentes agences de notation, Ivica Todorić pourra difficilement honorer ces engagements sans une aide extérieure. Or, selon la presse croate, le gouvernement de Zagreb n’a pas l’intention d’intervenir pour sauver l’entreprise. C’est ce qui aurait été répété à l’homme d’affaire lors des fameux « rendez-vous secrets ». Tout sauvetage de l’État serait donc à exclure, d’autant qu’Agrokor a déjà une dette de 800 millions euros d’impôts non payés.

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