APRÈS LE SÉISME DE ZAGREB, L’HEURE DES BILANS

11 avril 2020

Frappant Zagreb en pleine pandémie de Covid-19, le séisme du 22 mars a laissé de lourdes séquelles. Au moins 7000 bâtiments sont endommagés, dont des hôpitaux, des musées et des universités. Certains Croates sont réfugiés dans des centres d’hébergement temporaire ou chez des proches, d’autres ont quitté la ville. État des lieux.

Une jeune fille de 15 ans décédée, des dizaines de personnes blessées, des centaines de citoyens évacués, tel est le bilan humain du séisme de magnitude 5.5 qui a frappé Zagreb le dimanche 22 mars. Depuis, la ville peine encore à se remettre sur ses pieds. Rien ne semble jouer en sa faveur : les mesures de confinement en raison du Covid-19 sont de plus en plus strictes, les températures varient à une vitesse improbable et la pollution atmosphérique augmente, faisant de la capitale Zagreb la ville la plus polluée du monde le 27 mars dernier.

Les dégâts matériels sont considérables. Selon une première estimation des autorités, au moins 7000 bâtiments ont été endommagés. L’accès à de nombreux immeubles du centre-ville et des quartiers historiques, les plus touchés par le séisme, sont bloqués par des rubans de signalisation. La semaine dernière, un ouvrier âgé de 55 ans est mort en chutant d’un immeuble dont il réparait la toiture. Pendant qu’une centaine d’ingénieurs statiques bénévoles font l’état des lieux et qu’on effectue les premières réparations, certains immeubles restent sans chauffage central et sans eau chaude. Selon les médias croates, la remise en état de toutes les constructions endommagées devrait durer entre deux et sept ans.

« Après que les experts ont inspecté l’appartement d’une amie, ils ont constaté qu’il n’était plus habitable. Elle a été accueillie par des amis. La ville a assuré plus de 1000 lits pour les personnes évacuées dans une cité universitaire mais seule une soixantaine de Zagrebois y ont passé la première nuit. Je suppose que les autres sont allés se réfugier chez des proches ou ils ont tout simplement quitté la ville », confie Dunja, résidente d’un gratte-ciel dans le centre-ville, au Courrier des Balkans. « Ceci dit, pour mettre le campus à disposition des victimes du séisme, les autorités ont dû transférer tous les étudiants dans une autre cité universitaire, une décision violente, surtout à l’heure de la pandémie où on nous supplie de rester chez nous. »

À la cité universitaire Cvjetno, l’organisation logistique semble être au point. Les résidents sont temporairement logés dans des chambres doubles et les familles plus nombreuses dans des chambres côte-à-côte. « Toutes les conditions sanitaires ont assurées, les résidents disposent de kitchenettes, d’une laverie, d’une connexion Internet gratuite et ils ont droit à trois repas par jour », résume l’assistant du directeur du Centre étudiant de Zagreb, Mario Župan. « Nos bénévoles leur rappellent l’importance de protéger les autres et de se protéger eux-mêmes. Des agents de police sont en permanence devant la cité, chaque pavillon est surveillé par un agent de sécurité, tout le monde doit se désinfecter les mains avant d’entrer dans les pavillons, les résidents portent des masques et des gants », affirme Župan.

Source « Courrier des Balkans »

 

 

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