CORONAVIRUS : NOUVEAU PLAN D’AIDE À L’ÉCONOMIE

11 avril 2020

Crédits d’impôts, allègements de charges sociales et 80 millions d’euros pour le tourisme. Le gouvernement croate a annoncé vendredi un nouveau paquet de mesures économiques face à la crise du coronavirus. L’opposition approuve et les syndicats rappellent l’importance du dialogue social

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« Nous souhaitons soutenir les travailleurs et l’économie croate », a lancé le Premier ministre Andrej Plenković en présentant au Parlement son deuxième paquet de mesures de soutien à l’économie croate touchée par la crise du coronavirus. Concrètement, l’État va verser 535 euros par mois à tous les employés des entreprises privées touchées par la crise et s’acquittera de leurs cotisations sociales, à concurrence de 200 euros par mois.

Cette mesure s’appliquera aux sociétés qui n’auront pas connu de licenciements liés à la crise. Les entreprises dont le chiffre d’affaires aura chuté de 20 à 50% verront leurs impôts gelés jusqu’à fin juin, et auront ensuite deux ans pour s’en acquitter en plusieurs versements, sans pénalités de retard. Celles dont le chiffre d’affaires est inférieur à un million d’euros par an, soit 93% des entreprises croates, et dont les revenus auront chuté de plus de 50%, seront exemptées d’impôts jusqu’à fin juin. Les impôts des grandes entreprises seront réduits proportionnellement à la baisse de leurs revenus.

Le gouvernement consacrera 80 millions d’euros à la garantie des liquidités dans le secteur du tourisme particulièrement touché. Il compte sur le soutien de la BCE, de la Banque nationale et des banques commerciales.

CONSENSUS ET DIALOGUE SOCIAL

Le Parti social-démocrate (SDP, opposition) soutient le paquet de mesures, mais maintient ses amendements. « Nous continuons à plaider pour des congés payés pour les familles monoparentales, pour un moratorium d’un an sur les crédits et pour une aide plus importante aux personnes en confinement », a déclaré le président du parti, Davor Bernardić.

Pour l’Union des syndicats indépendants, ces mesures devraient limiter les licenciements. Cependant, au lieu du modèle choisi, selon lequel l’État verse aux employeurs une allocation de 535 euros mensuels par employé, que l’entreprise verse ensuite aux employés en la complétant, les syndicats privilégient le modèle inverse, stipulé par la loi sur le temps de travail réduit pendant la crise de 2008-2009, qui voudrait que les employeurs paient les salariés pour leur temps de travail, l’Etat intervenant ensuite pour compléter cette rémunération. Pour l’instant, quelque 70 000 employeurs ont demandé cette allocation de 535 euros par mois, pour près de 420 000 employés.

Les syndicats rappellent également leur opposition à toute modification législative qui rognerait sur les droits des travailleurs, et soulignent l’importance du dialogue social. Le Premier ministre Plenković a annoncé qu’il allait ouvrir le dialogue avec les partenaires sociaux. Une nouvelle session du Conseil économico-social tripartite est prévue pour la semaine prochaine, et le paquet de mesures sera voté au Parlement le mardi 7 avril.

Source « Courrier des Balkans »