COUPE DU MONDE 2018 : LES VATRENI, MENTAL GAGNANT

18 juillet 2018

Comment un pays de moins de quatre millions d’habitants, sans investissements publics dans le sport  peut-il réussir l’exceptionnel exploit de se hisser en finale de la Coupe du monde ? Difficile d’y répondre

Ils l’ont fait ! Les Vatreni se sont qualifiés pour la première finale de Coupe du monde de leur histoire en venant à bout de l’Angleterre au terme d’une troisième prolongation consécutive après celles disputées contre le Danemark et la Russie. En finale, ils croiseront dimanche la route de la France pour une revanche de la demi-finale mythique de 1998. Cette fois, Lilian Thuram ne jouera pas, mais d’autres duels promettent un grand match.

Lorsque le boss du football croate Zdravko mamic a été condamné à six ans et demi de prison juste avant le Mondial, tout en laissant Luka Modrić et Dejan Lovren inculpés pour parjure, des nuages sombres flottaient au-dessus de la sélection croate. Fidèle à sa réputation, l’équipe s’est montrée brillante contre le supposé cador de son groupe, l’Argentine, découpée dans tous les sens (3-0), avant de peiner dans les matchs-couperet contre des sélections de plus faible niveau comme le Danemark et la Russie.

Dans ces deux matchs, il a fallu attendre les tirs au but et les exploits du gardien Danijel Subašić pour exulter. Il y avait toutefois comme un goût d’inachevé pour une équipe pas à la hauteur des talents exceptionnels du milieu et de l’attaque. Ainsi, contre la Russie, les Vatreni ont joué plus de cent longues passes vers leurs attaquants, sans grand succès, ce qui est une hérésie et un signe de manque de créativité quand on possède quantitativement et qualitativement le milieu de terrain le plus soyeux au monde.

Une partie de l’explication est tactique, liée au positionnement de Modrić trop bas sur le terrain, ce qui crée un gouffre avec les quatre joueurs devant. Ce n’est donc pas un hasard si le sélectionneur Zlatko Dalić a finalement décidé de remonter Modrić d’un cran en insérant Brozović au milieu. Sauf que cette demi-finale a commencé de la pire des manières, non seulement à cause du but encaissé, mais aussi parce que les Croates paraissaient largués physiquement après les prolongations des deux tours précédents.

NE RIEN LÂCHER, NE JAMAIS ABANDONNER

Aidés par la maladresse anglaise, les Croates sont revenus de nulle part pour égaliser, un tournant qui a complètement fait basculer le match. Avant cela, on ne voyait pas comment ils pouvaient revenir tant ils semblaient physiquement cramés et techniquement sans idées. Après l’égalisation, c’était tout l’inverse. Le plus extraordinaire dans le parcours des Croates n’est donc pas leur supériorité technique ou tactique mais, et c’est un paradoxe compte tenu de l’historique des sélections balkaniques, leur mental. La Croatie a été menée contre le Danemark, la Russie et l’Angleterre. À trois reprises elle est revenue.

Ce sera peut-être là le principal atout des Croates pour la finale : ce mental qui pousse à ne rien lâcher, ne jamais abandonner, et qui permet de partir avec un avantage psychologique certain en cas de séance de tirs au but. Reste à savoir si Modrić saura se défaire de la paire Kanté-Matuidi, et surtout si l’équipe aura encore les jambes après avoir joué trois prolongations pour se mesurer à des Bleus impériaux et sûrs de leur force depuis les huitièmes de finale.

Il y a 20 ans, Aimé Jacquet avait poussé une colère mémorable à la mi-temps France-Croatie. C’est ce match, cet adversaire qu’il craignait par-dessus tout. À l’époque capitaine de l’équipe, Didier Deschamps s’inscrit plus que jamais dans les pas de son mentor. Il n’a pas oublié cette causerie, et nul doute qu’elle sera son principal atout au moment de préparer cette rencontre, car une finale ça ne se joue pas, ça se gagne.

Source « Courrier des Balkans »

On connaît la suite…

Il est intéressant cependant de se rappeler les propos tenus par Didier Deschamps au cours de la conférence de presse d’après match («  nous n’avons pas joué en 1ère mi-temps ») ou ceux tenus à la mi-temps dans les vestiaires, propos qui faisaient curieusement écho « à la colère mémorable » d’Aimé Jacquet en 1998 !

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