Crise politique en Croatie : Most fait à nouveau tomber le gouvernement

Pour la deuxième fois en moins d’un an, la petite formation Most, proche de l’Église catholique, provoque la chute de la coalition qu’elle forme avec le HDZ. Le Premier ministre veut procéder à un simple remaniement, mais l’opposition réclame déjà de nouvelles législatives anticipées. En cause, l’interminable scandale Agrokor

Les Croates devront-ils élire leur Parlement pour la troisième fois en deux ans ? La coalition actuelle, formée en octobre 2016, a volé en éclats lors du conseil des ministres du 27 avril quand le chef du gouvernement, Andrej Plenković, a décidé de limoger brutalement les trois ministres de son partenaire junior Most.

Ce conseil des ministres avait pour objectif de trouver une position commune en vue du vote de confiance au Parlement demandé par l’opposition concernant le ministre de Finances. Selon le Parti social-démocrate (SDP), Zdravko Marić ne devrait pas participer au sauvetage d’Agrokor. En effet, il a été directeur exécutif du géant agro-alimentaire pour la stratégie et les marchés de capitaux de l’entreprise entre 2012 et 2016, ce qui pose le risque d’un conflit d’intérêts, selon l’opposition.

Le Premier ministre a affirmé sa volonté de maintenir Zdravko Marić au gouvernement, mais les trois ministres de Most s’y sont opposés. « Je prie la secrétaire de préparer la destitution des trois ministres », a alors lâché, laconique, Andrej Plenković.

Remaniement ou élections anticipées ?

Si la nouvelle est tombée comme un couperet, elle ne devrait pourtant pas surprendre. Depuis la constitution du gouvernement, les tensions se font régulièrement sentir entre les conservateurs du HDZ et la formation cléricale Most.

Le Premier ministre entend procéder à un simple remaniement et se refuse à de nouvelles législatives anticipées, moins d’un an après la chute du gouvernement Orešković, déjà à cause de dissensions entre Most et le chef du HDZ, Tomislav Karamarko, embourbé dans une affaire de corruption. Il assure avoir la majorité parlementaire nécessaire pour gouverner sans Most.

Le chef de Most, Božo Petrov, considère de son côté que pour destituer les trois ministres, Andrej Plenković doit d’abord obtenir la signature du président du Parlement. Autrement dit, la sienne. « Nous n’avons pas voté contre le gouvernement, mais contre Zdravko Marić », a-t-il déclaré, sans préciser s’il comptait participer au nouveau gouvernement.

Face à cette crise, le SDP se frotte les mains. Son chef, Davor Bernardić, a déjà refusé l’idée d’un gouvernement d’unité nationale arguant que « le SDP est prêt à prendre la tête de la Croatie ». Mais pour y parvenir, il lui faudra remporter les éventuelles prochaines élections.

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