Deux mois et demi après les élections législatives, la Croatie a enfin un gouvernement

Le scrutin du 8 novembre a accouché d’une situation inédite depuis l’accession de la Croatie à l’indépendance : l’absence de majorité claire. La droite, groupée autour du HDZ, et la gauche, conduite par le SDP du Premier ministre Zoran Milanović, sont arrivées à égalité, avec 59 mandats chacune. Après un mois et demi de tractation, les conservateurs ont fini par parvenir à un accord avec la surprise de cette élection, le mouvement « citoyen » MOST, proche de l’Église, qui a remporté 19 mandats. Le nouveau Premier ministre, Tihomir Orešković, est un inconnu venu du monde des affaires et du Canada.

L’accord entre le mouvement citoyen MOST et la Communauté démocratique croate (HDZ) a cependant failli voler en éclats, les élus des minorités nationales ont été difficiles à convaincre, mais la Croatie a enfin un gouvernement, deux mois et demi après les élections du 08 novembre. Le cabinet a aussi obtenu le soutien des deux élus du parti du maire de Zagreb, Milan Bandić, et du parti d’extrême droite slavon de Branimir Glavas. Les deux vices-Premiers ministres sont Božo Petrov (MOST) et Tomislav Karamarko (HDZ). Six des vingt ministres ont été proposés par MOST, quatorze par la « Coalition patriotique » conduite par le HDZ.

Tihomir Orešković, dit « Tim », avait dévoilé dès jeudi, à la presse, les vingt ministres et les deux vice-Premiers ministres de son cabinet, présentant cette équipe comme la « Tim’s Team ». Il a cependant fallu une longue journée et une soirée de débat au Sabor, le Parlement croate, pour obtenir l’aval des députés.

La présence de certains figures d’extrême droite fait néanmoins scandale dans l’opinion publique croate, à commencer par le nouveau ministre de la Culture qui n’a aucune expérience dans le domaine culturel, Zlatko Hasanbegović, un historien révisionniste.

À peine six jours après l’annonce du nouveau gouvernement, le ministre controversé aux Anciens combattants, Mijo Crnoja a dû démissionner , englué dans une affaire de fraude fiscale et épinglé pour son projet de fichier des « traîtres à la patrie ». Certains prédisent déjà le même avenir à Zlatko Hasanbegović…

C’est ce que l’on peut appeler des débuts difficiles !

 

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