EN CROATIE, POUR LE VÉLO EN VILLE, LES PISTES CYCLABLES SE FONT TOUJOURSATTENDRE

21 août 2020

Comme partout en Europe, avec l’épidémie de covid-19, l’envie de se déplacer à vélo est forte en Croatie. Mais les infrastructures adaptées et les pistes cyclables manquent à Zagreb comme dans les autres grandes villes. Les autorités ne considèrent toujours pas le vélo comme un mode de déplacement, mais comme une pratique sportive ou récréative.

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Croatie : pour le vélo en ville, les pistes cyclables se font toujours attendre

Même si l’usage du vélo a augmenté en raison de la pandémie de Covid-19, l’automobile demeure la modalité de transport structurant la planification urbaine en Croatie. De fait, les autorités locales et nationales ne reconnaissent toujours pas le vélo comme un mode de transport mais plutôt comme une activité récréative dont l’unique potentiel serait le cyclotourisme.

« La culture du cyclisme est en constante évolution mais elle n’est pas accompagnée par le développement d’infrastructures cyclables, qui sont mal réalisées et non conformes aux plans », explique Sanja Biželj-Gligorić, la directrice de la société CikloCentar, interrogée par rtl.hr. « J’espère que les gens préserveront ce besoin de séjourner dans la nature et que cela incitera les autorités municipales à se consacrer au développement des infrastructures cyclables. »

« Les cyclistes sont considérés comme des citoyens de deuxième ordre par l’effet combiné de routes peu adaptées au cyclisme et de la Loi sur la sécurité de la circulation routière », ne cesse, pour sa part, de rappeler le Syndicat croate des cyclistes.

À Zagreb, des changements « cosmétiques »

Contrairement à des villes comme Berlin, Budapest ou Vienne, la Croatie n’a adopté aucune mesure depuis le début de la pandémie pour encourager la marche à pied et le cyclisme comme l’élargissement des zones piétonnes, une vitesse limitée à 30 km/h en zone résidentielle ou encore la création de pistes cyclables temporaires sur les chaussées.

Les syndicats dénoncent l’inaction générale des autorités, mais il existe toutefois des exemples positifs. Ainsi, la petite ville de Koprivnica est traditionnellement citée comme la véritable capitale du vélo dans le pays, tandis que la commune de Karlovac continue d’investir dans les infrastructures. Le problème majeur, ce sont les grandes villes, notamment Zagreb qui, d’après les syndicats, aurait un retard de quelques décennies par rapport à ses homologues européennes. Lors de la création du Syndicat des cyclistes, il y a neuf ans, ses membres croyaient que Zagreb allait rapidement devenir une ville du vélo, vu sa platitude, sa météo propice et le fait que dix kilomètres seulement séparent les zones périphériques les plus éloignées du centre de la ville.

« Neuf ans plus tard, en dépit d’ une année historique et du soudain changement du rapport au vélo en raison de la crise de coronavirus et du séisme qui a ravagé Zagreb, nous continuons à lutter avec des réalisations cosmétiques dans les infrastructures, une ignorance complète des besoins de ceux qui ne se déplacent pas ou ne veulent pas se déplacer en voiture ainsi qu’avec des embouteillages insupportables », fulminent les syndicalistes de la petite reine.

Osijek, Rijeka et Split : une lente évolution

Dans le reste de la Croatie, du moins si l’on s’en fie aux projets en cours ou à venir, les initiatives ne semblent pas manquer. Avec le plus grand nombre de kilomètres de voies cyclables par habitant, Osijek est connue comme une ville du vélo. En 2021, deux pistes d’une longueur totale de 3,61 km devraient être reconstruites dans la ville sur la Drava.

Sur la côte, à Split, deux nouvelles pistes sont attendues dans les mois à venir. Damir Babić, directeur du Département de l’entretien municipal de la Ville, rappelle qu’en 2019 les autorités avaient installé douze stations de vélos publics, mettant à la disposition des citoyens 82 vélos, dont 32 électriques. Cette année, 35 autres stations devraient être mises en place avec 120 nouveaux vélos électriques et 50 vélos classiques.

À Rijeka, autre grande ville du littoral, le relief se prête un peu moins à ce type de transport. « Compte tenu de la topographie de Rijeka avec une étroite zone côtière et une zone résidentielle en hauteur, l’utilisation du vélo comme moyen de transport au quotidien est rare. Nos routes sont très escarpées et s’y déplacer à vélo n’est pas confortable, demandant une bonne maîtrise du vélo et une bonne forme physique », explique Kristina Banić, conseillère en matière de circulation.

Cependant, la ville fait des efforts pour encourager l’usage du vélo, notamment en installant des stations de location de vélos électriques et en préparant un nouveau projet de revitalisation du centre-ville. Dans le cadre de ce projet, on envisage la reconstruction de plusieurs places publiques et l’élargissement de la zone piétonne, des trottoirs et des passages piétons dans la zone concernée. Cette réorganisation permettra de créer des bandes cyclables pour directement encourager l’usage de ce moyen de transport », résume Kristina Banić.

Source « Courrier des Balkans »