FOOTBALL : LE DINAMO DE ZAGREB DEMANDE L’AIDE DE L’ÉTAT FACE AU « CRIME ORGANISÉ »

17 juin 2019

Le feuilleton autour du Dinamo Zagreb se poursuit. Ces derniers jours, le Premier ministre Andrej Plenković et la Présidente Kolinda Grabar-Kitarović ont reçu une lettre demandant aux autorités croates d’empêcher une reprise mafieuse du club. Une coïncidence étrange, alors que Zoran Mamić vient de revenir au Dinamo en tant que directeur sportif, malgré une condamnation judiciaire.

Selon la chaîne régionale N1, le Dinamo Zagreb a adressé le 5 juin dernier une lettre au Premier ministre croate Andrej Plenković et à la Présidente Kolinda Grabar-Kitarović. La missive souligne que le club reçoit des pressions de la part de personnes que « les institutions de l’État identifient comme des vecteurs du crime organisé ». Il est souligné que ces dernières cherchent « à prendre le contrôle » du Dinamo.

Aucun nom n’est mentionné dans la lettre, mais Andrej Plenković a déclaré qu’il avait demandé « aux institutions compétentes » d’étudier la situation le jour où Zoran Mamić revenait au Dinamo en tant que directeur sportif, malgré une condamnation pénale. Ancien joueur et ancien entraineur du club, ce dernier a été reconnu coupable le 6 juin d’avoir siphonné 15,5 millions d’euros des caisses du club et d’avoir manqué de régler 1,8 millions d’euros d’impôt au fisc (cf article du 14 mai 2018). Ont également été condamnés son frère Zdravko (ancien directeur exécutif du club), Damir Vrbanović (ancien directeur du club) et Milan Pernar (fonctionnaire de l’administration fiscale).

Zdravko Mamić a été condamné à six ans et demi de prison, une peine qu’il ne fera peut-être jamais puisqu’il n’était pas présent au tribunal, ni même en Croatie. L’homme est parti dans le Međugorje, en Bosnie-Herzégovine, la veille de son procès, tout en niant fuir la justice. Le ministre de la Justice, Davor Bosnjaković, a annoncé que les autorités croates allaient demander son extradition.

Zoran Mamić a quant à lui annoncé lors d’une conférence de presse qu’il avait les capacités de s’occuper du club, tout en gérant en parallèle ses problèmes judiciaires. « Je ne serais jamais revenu si je pensais que j’avais des choses à cacher. Ces procès le prouveront », a-t-il déclaré, assurant que son frère Zdravko approuvait son nouveau poste. « Ma relation avec lui est plus que fraternel. Il est heureux que je sois là. C’est bon d’avoir une telle équipe à l’intérieur du club. »

Source « Courrier des Balkans »