LA CROATIE DANS LA ZONE EURO DÈS LE 1er JANVIER 2023 ?

22 septembre 2020

Malgré la crise économique, la Croatie ne renonce pas à l’objectif de rejoindre la zone euro « dès le 1er janvier 2023 », comme l’affirme le gouverneur de la Banque centrale. Certains économistes comme Joseph E. Stiglitz mettent pourtant en garde contre ce qui pourrait être une « fausse bonne idée ».

Si la pandémie de coronavirus a été un coup dur pour l’économie croate, cela n’empêche pas pour autant la Croatie de poursuivre sa route vers l’intégration à la zone euro. C’est en tout cas ce que considère le gouverneur de la Banque nationale croate (HNB). Malgré une saison touristique médiocre, Boris Vujčić se veut optimiste : après une chute du PIB croate de 10% cette année, il promet une croissance de 6% pour 2021 et une prompte relance économique.

« En ces temps de crise, l’avantage d’introduire l’euro est très grand, car cela garantit un accès sûr aux financements internationaux grâce aux garanties avantageuses qu’offre la Banque centrale européenne », affirme le gouverneur, cité par le site Index. Selon ses pronostics, la Croatie devrait rejoindre la zone euro dès le 1er janvier 2023 au terme des deux années, durée minimale, passées dans le Mécanisme de change européen (MCE II) sorte de « salle d’attente » avant d’adopter la monnaie européenne. Si toutefois la Croatie répond bien aux critères de convergence de Maastricht, ce qui risque d’être compliqué si la crise se poursuit.

UNE FAUSSE BONNE IDÉE ?

Cette possible entrée prochaine dans la zone euro est-elle pour autant une bonne nouvelle pour la Croatie ? La question divise les experts. Interrogé par Jutarnji list, le célèbre économiste américain Joseph E. Stiglitz, connu pour ses critiques contre le FMI et la Banque mondiale, considère qu’il s’agit « probablement une mauvaise décision ».

« En introduisant l’euro, vous renoncez à deux principaux moyens d’ajustement en cas de choc, à savoir l’ajustement des taux d’intérêt et des taux de change. Les taux d’intérêt sont fixés à Francfort, tandis que les taux de change ne peuvent pas être ajustés. Cela veut dire qu’en cas d’un choc, qui ne serait par exemple pas le même en Allemagne et en Croatie, vous ne pourriez pas vous adapter pour relancer votre économie de manière relativement simple. De nombreux pays européens ont beaucoup de problèmes, et pas uniquement ceux qui viennent tout de suite à l’esprit, comme la Grèce. (…) C’est pourquoi je vous conseillerai d’être très prudents avec l’introduction de l’euro ».

Source « Courrier des Balkans »