LA CROATIE VEUT REJOINDRE LA ZONE EURO

30 juillet 2019

La Croatie deviendra-t-elle le vingtième membre de la zone euro ? Zagreb a lancé la procédure d’adoption de la monnaie unique, un parcours qui prendra plusieurs années.

Début juillet, Zagreb a envoyé une lettre d’intention demandant l’adhésion au Mécanisme de change européen (MCE II), entamant ainsi le long processus d’adoption de l’euro, en remplacement de la kuna, la monnaie nationale. Ce sont les ministres des Finances de l’Eurogroupe qui dicteront le rythme et la dynamique de l’adhésion de la Croatie à la zone euro. Parallèlement, le pays (qui a intégré l’UE le 1er juillet 2013) devrait rejoindre l’Union bancaire, un dispositif par le biais duquel la Banque centrale européenne (BCE) surveille directement les 119 plus grands établissements bancaires européens – « y compris cinq groupes implantés en Croatie », rappelle l’analyste économique Velimir Šonje,. « C’est très important pour nous car plus de 50% de notre système bancaire va ainsi directement être contrôlé par la BCE. »

Parmi les réformes envisagées, l’amélioration de la lutte contre le blanchiment d’argent, le renforcement des capacités des services statistiques, la cession des parts minoritaires de l’État dans des sociétés qui ne sont pas d’intérêt général, la résolution des problèmes de propriétés touristiques, la dépolitisation et la professionnalisation de l’administration publique, la création d’un cadre juridique unique pour le fonctionnement de l’administration publique et l’instauration d’un meilleur environnement professionnel.

« On choisit la voie du moindre effort, ce qui n’est pas forcément idiot dans le contexte actuel, puisque des réformes a minima ont plus de chances d’être menées à bien. L’Union européenne et l’Eurozone ne s’impliqueront pas beaucoup. Elles diront : ’Vous aviez promis de promulguer cette loi. L’avez-vous fait ? Oui ? Très bien, c’est un plus.’ L’idée est que les jalons d’adhésion au Mécanisme de change européen soient relativement faciles à atteindre », explique Velimir Šonje.

AU MINIMUM DEUX ANS D’ATTENTE

Si ces réformes sont mises en oeuvre d’ici un an, la Croatie rejoindra le MCE II, une sorte de « salle d’attente » avant la monnaie commune, mais elle devra encore répondre aux fameux critères de convergence de Maastricht : de faibles taux d’intérêt, la stabilité des prix, un déficit de moins de 3%, une dette publique en-dessous de 60% du PIB ou bien, si elle est plus élevée, sur une tendance marquée à la baisse. Si l’on se fie aux analyses de la Banque nationale de Croatie, le pays remplirait tous ces critères depuis 2016. Il faudra néanmoins attendre encore au moins deux ans avant de rejoindre la zone euro, l’expérience prouvant que les temps d’attente peuvent beaucoup varier : la Slovénie n’a passé que deux ans et demi dans ce sas, mais la Lituanie y est restée plus de dix ans !

(Source « Courrier des Balkans »)

 

Publicités