LA « DREAM TEAM » YOUGOSLAVE DE LA NBA RÉUNIE !

15 Septembre 2020

Bloqués depuis trois mois dans la « bulle » d’Orlando, les joueurs de l’ancienne Yougoslavie qualifiés pour les play-off se sont retrouvés pour décompresser ensemble, en pleine grève de la NBA. Une fête entre potes, qui fait fi des histoires du passé et le tour des réseaux sociaux.

Prises le 26 août, pendant la grève de la NBA pour dénoncer les nouvelles violences de la police américaine contre les Noirs, les photos des « Balkan Boys » continuent de faire le tour du web. Autour de la table d’un restaurant américain d’Orlando, où se déroulaient les play-offs dans la « bulle » du complexe Disney World, une « dream team » des joueurs originaires de l’ancienne Yougoslavie, comme l’a écrit le Croate Mario Hezonja sur les réseaux sociaux (avec une pensée pour le Serbe Bogdan Bogdanović, éliminé avec les Kings).

On y voit : le Bosnien Jusuf Nurkić (Trail Blazers de Portland), les Croates Ivica Zubac (Clippers de Los Angeles) et Mario Hezonja (Trail Blazers de Portland), le Monténégrin Nikola Vučević (Magic d’Orlando), les Serbes Boban Marjanović (Mavericks de Dallas) et Nikola Jokić ainsi que les Slovènes Goran Dragić (Heat de Miami), Vlatko Čančar (Nuggets de Denver) et Luka Dončić (Mavericks de Dallas).

Dans les médias des Balkans, les réactions ne se sont pas faites attendre. « Du jamais vu en NBA, une ‘mini-Yougoslavie’ à Orlando », s’est enthousiasmé le site sportif serbe Sportske. La plupart des autres médias se sont néanmoins contentés de relayer les propos de Goran Dragić, interrogé par le média spécialisé anglophone The Athletic. « Je trouve que l’image parle d’elle-même », lance le n°7 des Miami Heat. « C’est formidable que toutes les nations, toutes les religions se réunissent et se retrouvent. Et que personne ne garde rancune de ce qui s’est passé auparavant. »

Au menu : turbofolk et rakija

« On ne savait pas ce qu’il allait se passer, si on allait rejouer ou pas. On s’est dit : OK, c’est peut-être le dernier jour dans la bulle. On ne sait jamais, allons nous éclater », raconte-t-il. La fête s’est en effet poursuivie jusqu’à deux heures du matin, au son du turbofolk, en trinquant à la rakija. « C’était une nuit pleine d’émotions. Nous n’avions aucune idée de l’impact que la photo aurait le lendemain. Nous avons pris un repas, puis des verres, puis nous avons mis de la musique. Nous avons transformé le restaurant en boite de nuit ! »

Mike Malone, le coach des Denver Nuggets, où évoluent Nikola Jokić et Vlatko Čančar, a pu observer depuis sa table les retrouvailles des « Balkan Boys ». « Il y avait tellement de talent autour de cette table. Si l’ancienne Yougoslavie était un jour réunifiée, ça ferait une incroyable équipe de basket », s’est-il enthousiasmé. De quoi faire rêver tous ceux qui assurent qu’une équipe nationale yougoslave serait aujourd’hui imbattable au basket.