Le pont de Pelješac (bis) : nouvelle poussée de fièvre entre Bosnie-Herzegovine et Croatie

Le Premier ministre croate Andrej Plenković, a déclaré jeudi que Zagreb allait construire l’ouvrage, malgré l’opposition de Sarajevo. « Je répète encore une fois à nos amis de Bosnie-Herzégovine et à l’opinion publique croate que le projet destiné à relier le sud de la Croatie au reste du pays, à travers le pont de Pelješac, va continuer », a-t-il expliqué. « Le pont va être construit et la dialogue avec la Bosnie-Herzégovine va se poursuivre », a-t-il ajouté, rappelant que les deux gouvernements avaient déjà évoqué cette question plus tôt en juillet.

Mercredi, le ministre des Affaires civiles de Bosnie-Herzégovine, Adil Osmanović, avait envoyé une lettre à Oleg Butković, son homologue croate en charge des Affaires maritimes, des Transports et des Infrastructures, ainsi qu’à des officiels européens, les informant que des obstacles légaux interdisaient toujours la construction du pont. Du point de vue de Sarajevo, celle-ci est impossible avant que les deux pays ne se mettent d’accord sur le tracée définitif de leurs frontières respectives. Un accord bilatéral avait bien été signé en 1999, mais il n’a jamais été ratifié. Adil Osmanović a demandé l’arrêt immédiat des travaux.

Les dirigeants des deux pays se querellent depuis des années sur ce pont de 2,4 kilomètres, qui constitue un argument de campagne récurent pour pratiquement tous les partis croates. Un projet auquel s’opposent les Bosniens, qui soulignent la faible hauteur de la construction, susceptible d’interdire l’accès des navires jusqu’à Neum, seul accès direct de la Bosnie-Herzégovine à l’Adriatique, même si la baie est déjà trop étroite pour laisser passer de gros bateaux. Le diffèrent dure déjà depuis 2007, date de l’annonce de la construction du pont.

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