Pont de Pelješac : le Premier ministre Andrej Plenković relance la construction malgré l’opposition de Sarajevo

Pour contourner l’enclave bosnienne de Neum, la Croatie veut un pont entre le continent et la presqu’île de Pelješac. Le Premier ministre Andrej Plenković a signé le contrat de construction. Sarajevo n’entend pas se laisser faire.

Le 23 avril, Andrej Plenković a signé à Dubrovnik le contrat pour la construction du pont qui doit relier le continent et la presqu’île de Pelješac avec les représentants du consortium d’entreprises ayant remporté l’appel d’offre, notamment la China Road and Bridge Corporation. « Ce projet réunit la Croatie et la rend unique. C’est un projet d’une importance stratégique et durable pour tout le pays », s’est réjoui le Premier ministre, ajoutant que le pont de Pelješac resterait « un des symboles de la valeur ajoutée des premières années de la Croatie au sein de l’Union européenne ».

« Nous avons fait de grandes avancées techniques et la hauteur du pont, tout comme l’écartement entre ses piles, permettent à nos amis de Bosnie-Herzégovine de passer sans problème et au port de Neum de fonctionner tout à fait normalement », a précisé Andrej Plenković. Le pont de Pelješac fait en effet l’objet depuis 2007 d’un litige territorial avec la Bosnie-Herzégovine. Sarajavo argue que le pont, qui doit faire 2,4 km, bloquera le port de Neum et son seul accès à la mer Adriatique.

Les dirigeants bosniens ont réagi à cette signature dès le lendemain. « La Croatie a continué la mise en œuvre du projet controversé malgré tous les avertissements. Nous alerterons la Commission européenne là-dessus », a déclaré Bakir Izetbegović, le membre bosniaque de la présidence tripartite. Cela fait des années que Sarajevo répète que le pont ne peut pas être construit tant que les litiges frontaliers bilatéraux n’auront pas été réglés.

Affaire à suivre…

La construction du pont de Pelješac est la première des quatre phases du projet « Connectivité routière Dalmatie du sud », cofinancé à hauteur de 357 millions d’euros par la Commission européenne. Les travaux du pont en lui-même devraient durer trois ans et coûter 280 millions d’euros.

 

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