QUAND UN SÉISME FRAPPE UNE VILLE EN PLEIN CONFINEMENT

23 mars 2020

C’est en plein confinement provoqué par l’épidémie de coronavirus que Zagreb a été frappé par un violent séisme, dimanche 22 mars aux premières heures du jour. Récit d’une journée de peur et de désespoir.

Dimanche 22 mars, à 6h23 du matin, un violent séisme d’une magnitude de 5.4 tire du sommeil les habitants de Zagreb. En pyjamas et tenues de nuit, les citoyens de la capitale croate se précipitent dans les rues et dans les cours, bouleversés. « D’abord le coronavirus et puis maintenant un tremblement de terre. Cela n’en finira donc jamais ! », s’exaspère un voisin.

Le séisme a beau avoir été d’une violence impressionnante, les gens n’oublient pas les consignes concernant l’épidémie de coronavirus, qui continue de se propager en Croatie. Fuyant leurs immeubles, poussés dans la rue par la peur, sous le choc, tous ou presque portent des masques et se tiennent à un ou deux mètres de distance les uns des autres. Au premier séisme succèdent quelques répliques, dont l’une plus forte que les autres…

« Quand ma chambre s’est mise à trembler, le lit, les armoires, les murs, le coronavirus était bien sûr la dernière chose que j’avais à l’esprit. Après le choc initial, nous sommes tout de suite sortis dehors, en pyjama, en pantoufles, avec nos chiens », raconte Mia, 29 ans, qui habite en banlieue de la capitale. « Après la deuxième secousse, nous avons fait un sac en emportant juste l’essentiel, même si dans ces moments-là, on ne sait plus très bien ce qui est essentiel. Comme il a fait très froid dans la matinée, nous sommes rentrés à la maison après quelques heures, mais la peur d’un autre séisme ne nous quitte plus. »

Vers 11h, tout le monde commence à y voir plus clair. Les dégâts matériels sont conséquents, surtout dans le centre, où les trottoirs sont jonchés de gravats tombés des vieilles façades. Certaines voitures sont écrasées. « Heureusement que le tremblement de terre est arrivé un dimanche matin à 6h25 », lance le maire Milan Bandić, lors d’une conférence de presse. Effectivement, compte tenu des dégâts dans les rues Đorđićeva ou Gajeva, le bilan aurait pu être bien plus lourd. La rumeur prétendant qu’un adolescent de 15 ans serait décédé se propage dans les médias et sur les réseaux sociaux. Il s’agit en fait d’une jeune fille, toujours en vie, mais dans un état grave au moment de l’écriture de ces lignes.

« Nous sommes confrontés à deux situations de crise contradictoires », explique le Premier ministre Andrej Plenković. « Il ne faut pas céder à la panique et se précipiter vers les stations-service pour fuir la ville. Maintenez les distances de sécurité, conformément aux recommandations du Comité de protection civile relatives à l’épidémie du coronavirus », martèle le chef du gouvernement croate.

L’armée croate est rapidement déployée dans les rues et la situation se stabilise dans l’après-midi. Le personnel de la Croix rouge, équipé de masques et de gants de protection, distribue des repas chauds sur plusieurs sites, dont le parc de Zrinjevac.

À 15h30, on compte 17 blessés dans les comtés de Zagreb et de Krapina-Zagorje. Un hébergement temporaire est assuré dans la cité universitaire Cvjetno naselje à Zagreb, pour les résidents qui ont dû quitter leurs domiciles fragilisés par les secousses. La Cathédrale de Zagreb a été touchée, tout comme l’église de la Transfiguration située à Cvjetni trg, dans le centre, mais aussi le bâtiment Parlement ou encore le siège du Conseil national serbe.

 

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