Scandale Agrokor en Croatie : démission de la ministre de l’Économie sur soupçons de népotisme

Martina Dalić, vice-Première ministre et ministre de l’Économie du gouvernement d’Andrej Plenković, a démissionné lundi 14 mai, moins d’une semaine après une fuite d’emails suggérant qu’elle aurait utilisé sa position pour permettre à des amis et associés de bénéficier de la restructuration du géant agro-alimentaire croate Agrokor.

Je ne veux pas être un fardeau », a déclaré Martina Dalić pour expliquer sa démission lors d’une conférence de presse, lundi 14 mai. Un fardeau pour le gouvernement d’Andrej Plenković et pour l’Union démocratique croate (HDZ), bien embêtés par des révélations touchant au népotisme qui ont fait tomber la vice-Première ministre et ministre de l’Économie croate.

L semaine dernière, le site d’information index.hr a en effet publié certains des emails de Martina Dalić, échangés avec des consultants, des avocats et des chefs d’entreprises. Des personnes qui sont ensuite devenues membres du comité pour la gestion du géant de l’agro-alimentaire après l’adoption de la Lex Agrokor en avril dernier, ou qui ont vu leurs entreprises conclure de juteux contrat avec la multinationale.

Cette correspondance suggère qu’elle aurait utilisé sa position au sein du gouvernement pour aider ses amis et ses partenaires d’affaires à bénéficier de la restructuration du géant agro-alimentaire, qui menaçait de s’écrouler sous les dettes et d’emporter avec elle l’économie croate. Des allégations que Martina Dalić réfute, affirmant qu’elle a toujours travaillé dans l’intérêt premier d’Agrokor.

Le Premier ministre Plenković a accepté sa démission dans la foulée, se déclarant « désolé » que la vice-Première ministre doive quitter le gouvernement et regrettant un manque de transparence qui aurait permis d’éviter ces « petites taches ». Le gouvernement est censé arriver d’ici à juillet à un accord avec les créditeurs floués par les manœuvres financières d’Agrokor et empêcher la faillite d’une entreprise qui emploie plusieurs dizaines de milliers de personnes et dont dépendent de larges pans de l’économie croate.

 

 

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